Webmail ou Client lourd ?

Webmail ou Client lourd ? That is the question !

Alinto édite un Webmail depuis 2000 et une version dynamique Web 2.0 depuis 2008. Bien que l’offre Alinto fonctionne aussi bien en client lourd (Thunderbird, Outlook, …) qu’avec le Webmail, il nous est souvent demandé des arguments pour montrer l’intérêt d’utiliser un Webmail.

Note : La première partie de l’article n’est pas technique mais il est important à mes yeux, on devinera peut être pourquoi…

Les clichés

Tout d’abord, attaquons nous aux clichés.

« Un client lourd est plus complet, et me permet de faire bien plus de choses »

Ma réponse : Citez moi, ne serait-ce que 2 fonctionnalités utilisées quotidiennement, qui ne seraient pas présentes dans le webmail (celui d’Alinto, cela va sans dire :))

Je vous fais le pari que le commun des utilisateurs, et même moi, n’en trouverons pas.

« Un client lourd est plus rapide, plus réactif »

Ma réponse : Oui oui …, mais qu’est-ce qui est plus rapide exactement ? Allez, je vous donne une piste pour vous « aider »

  • « La recherche » : Alors peut être, oui, en tout cas, c’était le cas il y a encore peu.

Pour information, la recherche sur un client lourd se base sur la copie locale des mails, alors que sur n’importe quel webmail, elle se base sur les capacités du serveur IMAP.

Depuis le début de l’année, Alinto a mis en place sur son infrastructure mutualisée (et c’est en cours sur les infrastructures clientes) des serveurs IMAP plus performants, intégrant une indexation plein texte. Le résultat, est que, sur la première recherche dans un dossier, celle-ci sera lente (car elle lance l’indexation initiale) mais toutes les autres seront rapides. Faite le test ! vous verrez bien 😉

Essayez également la fonction de filtre, en haut à gauche du Webmail Alinto, elle se base sur les mêmes fonctions de recherche.

La recherche dans tous les dossiers du webmail

« J’accède à mes mails de n’importe ou »

Oui, c’est encore vrai, du moins, pour quelques temps encore. Maintenant, avec l’avènement des terminaux mobiles (Smartphones, tablettes) ainsi que la 3G (et de la 4G) l’offre Alinto Motion vous accompagne partout. Essayez d’accéder à vos mails via le client lourd de votre smartphone (après l’avoir configuré) et d’aller dans un dossier comportant plusieurs centaines de messages par exemple. Le temps pour lui de les synchroniser, rapatrier… vous allez vite déchanter ! Avec un webmail mobile tel que Alinto Motion, en 2 clicks vous y êtes !

 

Maintenant, laissez moi vous donner quelques avantages du Webmail

Le déploiement

Ah, elle est facile celle là ! Je vous l’accorde : Une URL contre une Install et une configuration. Y’a pas photo ! D’autant, qu’une fois installé, ce n’est pas fini. Votre poste client n’en a pas fini. Il doit alors commencer à rapatrier l’ensemble de vos mails, dans les différents dossiers, les indexer… Sur une boite d’ 1 Go y’en a déjà pour un moment et la charge réseau, CPU et accès disque de votre poste n’est pas neutre.

L’utilisation CPU de Thunderbird lors de l’install est loin d’être négligeable

Configurez ensuite votre signature, les dossiers à synchroniser ou non, si vous avez plusieurs comptes, plusieurs adresses, recommencez l’opération. A cela, si vous avez des filtres, amusez vous bien, et pour aller un peu plus loin, ajoutez vos alias de boîtes et configurez vos signatures… Bilan, une bonne 1/2 journée si vous êtes à fond!

(On reste sur une URL et un Favoris pour le webmail, hein 😉 )

L’accès universel, ou depuis chez soit, un cyber café, n’importe où  quoi !

L’URL toujours d’un côté, en général, vous vous en souviendrez rapidement (webmail.macompanie.com) et de l’autre côté, ça se gâte. Alors certes, on peut se dire que de chez soi on utilise le webmail, en secours, mais si vous passez régulièrement de l’un à l’autre, quel est l’intérêt ? n’est-ce pas ?

Le temps de chargement

Allez, soyons joueurs: Chronométrez le temps de chargement d’un Thunderbird ou d’un Outlook le lundi matin, et celui du webmail. On peut avoir des surprises ! Parce que même si le client lourd nous rend la main, il continue d’utiliser nos ressource machine pour le rapatriement et l’indexation. Sur un dossier chargé, bon courage !

Le webmail lui, est constant. Qu’il y ai 1 message ou 10 000 !

Speed Test

Enfin, Last but not least, comparer le temps que met votre client lourd à transférer un mail avec une pièce jointe de 4,7Mo.

Mon chrono affiche :
Webmail : 7 sec
Thuderbird : 2 min et 16 sec.

En effet, il faut que Thunderbird transfert de mon PC vers le serveur SMTP les ~4,7Mo.

Puis qu’il le transfert une seconde fois vers le dossier « Envoyés » de mon serveur IMAP.

La copie du message dans le dossier « Envoyés »

Total, en bande passante, on utilise ~19 Mo contre ~29 Ko avec le webmail car l’opération n’est réalisée que coté serveur !

Argumentation technique

Pour argumenter mes propos, j’ai pris quelques mesures.

La boîte aux lettres est un compte de démo d’Alinto. Elle est abonnée à différentes newletters.

J’ai pris d’un côté, un navigateur Firefox, cache vidé, et de l’autre, un Thunderbird 15.0.1 sur un profil vierge que j’ai configuré au minimum.

J’ai pris les mesure en chronométrant d’un côté, l’expérience utilisateur, et de l’autre des captures des trames tcp/ip.

Pour la capture des trames, j’ai pris le basic : tcpdump

Pour la capture des protocoles SMTP (tcp port 25) et IMAP (tcp port 143) je l’utilise comme suit :

tcpdump -w imap_fw_5Mo_Att.tcpdump port 143 or port 25

Pour la capture du webmail, je force le port http (tcp port 80) et le host pour éviter les autres flux non désirés.

tcpdump -w wm_fw_5Mo_Att.tcpdump port 80 and host http.alinto.net

Une fois la capture terminée, j’ai concocté la ligne de commande suivante afin de faire la somme de chaque paquet tcp

tcpdump -v -r imap_fw_5Mo_Att.tcpdump | grep "len" | sed s/.*length// | grep ")" | cut -d ')' -f 1 | awk '{sum+=$1;print sum}' | tail -1

Notez que l’on peut également ouvrir le dump avec Wireshark et afficher les statistiques.

Voici un tableau récapitulatif des mesures que j’ai pu prendre :

Taille (bande passante) temp (sec)
Webmail 1er lancement 1.3Mo 15
Webmail 2eme lancement 13Ko 10
Webmail 3eme lancement 13Ko 10
Thunderbird 1er lancement 117Mo Utilisable au bout de 2 min, chargement , indexation… environ 15 min pour 1937 messages et 220Mo. Configuration limité à l’IMAP et au SMTP.
Thunderbird 2eme lancement ~150Mo Lors du second lancement, Thunderbird continue a télécharger les autres dossiers…
Thunderbird 3eme lancement ~100Ko 1 (avec le cache OS) sinon ~5 sec
Webmail Recherche rapide (Filtre) 8.8Ko 2
Thunderbird Recherche rapide (Filtre) 0Ko 1
Webmail Recheche contenu tout les dossiers. 1ere fois 18Ko 40sec.
(L’indexation n’avait pas encore été réalisée coté serveur)
Webmail Recheche contenu tout les dossiers. 2eme fois 18Ko 20
Webmail Recheche contenu tout les dossiers. 3eme fois 18Ko 7
Thunderbird Recheche contenu tout les dossiers. 1ere fois 0 2
Thunderbird Recheche contenu tout les dossiers. 2eme fois 0 2
Thunderbird Recheche contenu tout les dossiers. 3eme fois 0 2
Webmail Affichage d’un mail de 153Ko 42Ko 1
Thunderbird Affichage d’un mail de 153Ko 0 1
Webmail Envoi d’un mail avec un PJ de 4.5Mo 4.7Mo 45
Thunderbird Envoi d’un mail avec un PJ de 4.5Mo 19Mo 145
Webmail Transférer un mail de 4.7Mo 29Ko 7
Thunderbird Transférer un mail de 4.7Mo 19Mo 136

A ces tests, on peut également comparer la mémoire vive nécessaire pour chacun.

Mémoire virtuelle (Mo) Mémoire résidente (Mo)
Firefox (chargement vide) 404Mo 71Mo
Firefox avec le Webmail ouvert 483Mo 113Mo
Calcul mémoire Webmail uniquement 79Mo 42Mo
Thunderbird 450Mo 97Mo

On voit donc que le webmail est bien moins gourmand qu’un Thunderbird coté RAM, sans compter le fait, que l’on a bien souvent le navigateur ouvert pour d’autres tâches sur une journée de travail, et que donc, les 404 Mo de Firefox de base sont largement mutualisés avec d’autres activités.

À vos réactions si vous le souhaitez 😉

6 réflexions sur “ Webmail ou Client lourd ? ”

  1. Pourquoi 99,9% utilisent un client lourd plutot que le webmail et pourquoi nous continuons à les inciter fortement à cela ?
    très simple : la capacité !
    comment lutter (quels arguments ) contre des BAL à des dizaines de Go gratuites et les 250Mo (en First) ou les 2 Go en prémium !?! … c’est tout le temps plein … déjà que lorsqu’ils laissent un mois leur mail (pour justement accéder depuis l’extérieur) ils se pliagnent parfois que c’est plein alors en webmail pur c’est tout juste inimaginable !
    Ensuite il y a la disponibilité (plateforme Alinto ou plus simplement Internet) qui est loin d »être 100%. Une coupure d’accès de 5 minutes engendre dejà des appels mais si en plus tout leurs fichiers demeurent inaccessbiles , là ils m’égorgent quand c’est coupé : en effet l’usage du mails est pour beaucoup une base de données documentaires avec des informations « vitales » pour eux dans leur travail alors je continue à souhaiter qu’ils fassent du pop après nous sommes déchargés de toutes responsabilités (sauvegarde , archivage etc ).
    Le dernier client rentré nous a déjà appelé 10 fois pour configurer son IPhone , son Outlook : bref perte de temps considérable je suis d’accord. Il a commencé par webmail seul : en 1 semaine c’était plein que faire ?

  2. charles sur

    En effet, l’argument tient, par contre, il me semble que ce n’est pas exactement le même débat.
    Pour moi, il s’agit plus du : POP contre IMAP.
    En effet, si un utilisateur utilise le POP, il rapatrie et conserve ses mails en local, avec les avantages que vous décrivez, certes, mais quand est-il de la lecture des mails à la fois sur son client lourd et son smartphone via POP, c’est quand même plus compliqué…Sans compter l’accès, ne serait-ce qu’occasionnel, via un Webmail.
    Et ce, si j’ai bien compris, principalement pour une question de capacité. Et là c’est un autre débat, peut être plus financier que technique.

    • mes clients relèvent en pop sur client lourd en laissant une copie sur serveur pendant 2 semaines ce qui leur permet d’accéder à leurs derniers mails et surtout ceux nouvellement reçus sur leur smartphone / webmail.
      le débat est financier sans doute mais aussi garantie de disponibilité et backup (le client qui a supprimé par inadvertance peut toujours restaurer son fichier client lourd , quid sur le webmail ? le webmail n’a aucune sauvegarde dans le temps permettant cela)
      il faut, pour faire le choix, outre des aspects techniques de vitesse etc …, prendre surtout en compte l’usage que l’ont fait de la messagerie ; et pour beaucoup la messagerie est un fourre tout stratégique dont ils se mettent totalement dépendant.

      • charles sur

        Je vois, et je comprend mieux les « 10 fois pour configurer son IPhone , son Outlook »
        mais encore une fois je peux ramener ça à un problème purement financier car les solutions sont là, en tout cas chez Alinto.

        Le backup de boite est disponible en option et le relais sécurisé Alinto Protect, permet en cas d’inaccessibilité (même de l’offre Alinto Pro) de continuer à utiliser sa messagerie et de conserver l’ensemble des mails échangés sur une période plus ou moins longue, sans compter l’archivage !
        Enfin, nativement, le webmail possède une corbeille, qui conserve les mails supprimés par inadvertance (et c’est gratuit ;))

        Le mail est bel et bien un « fourre tout stratégique » comme vous dites, et sur l’aspect « Strategique », s’en remettre à un simple disque dur de PC me parait plutôt léger (en tout cas, moi, ça ne me suffit plus)…
        Il faudrait qu’ils perdent une fois leur disque dur interne et ils comprendrons. Certes, les responsabilités ne sont plus les mêmes et dans ce cas, ni vous ni nous ne serions impactés.

        Encore une fois, le mail est bel et bien stratégique et c’est pour cela que je pense que l’aspect sécurité couplé à l’aspect stratégique peut amener les clients à une prise de conscience. Une fois ce stade atteint, ils sont prêt à payer.

        Notre métier est aussi de les aider à en prendre conscience, et pas seulement pour un aspect financier 😉

  3. Bonjour,

    Je trouve votre billet en cherchant, pour un article sur Thunderbird, des arguments pro « client lourd ». Naturellement j’aurai pu tomber mieux mais…

    Inutile de préciser que je ne connais pas votre webmail, mais pour moi un courrielleur est davantage qu’un simple lecteur de mail  :

    – c’est un agenda organisateur (suppose l’extension lightning pour Thunderbird). Il me rappelle mes rendez-vous, les anniversaires à souhaiter, mes tâches planifiées…

    – c’est un lecteur de flux rss. C’est là un paradoxe inverse : je lis le web dans mon courrielleur et non pas l’inverse. L’info m’arrive comme un courrier, je peux l’archiver, l’étiqueter, supprimer les entrées que je ne veux pas conserver…

    – Je veux pouvoir signer (toujours) et chiffrer (si nécessaire) mon courrier avec gpg

    Peut-on faire ceci, en tout ou partie, avec un webmail ?

    • charles sur

      En effet, vous n’êtes pas tomber du bon côté 😉 mais chaque avis compte et peu se discuter.

      En tout cas, nous sommes d’accord sur le fait qu’un webmail ne sert pas qu’à gérer ses mails, mais bien plus.

      Nous avons donc différents modules (Agenda (et agendas partagés), Contacts (et contacts partagés), Annuaires, stockage et partages de fichiers (avec envoi d’un lien au lieu de la pièce jointe énorme), Doodle, RSS (en cours), Twitter, etc.)

      Certains de ces modules sont plus aboutis que d’autres et encore plein d’idées en têtes !!
      Le gpg pas encore, mais c’est aussi dans nos cartons.

      En tout cas, un webmail doit s’adapter aux avancés d’un clients lourd… pour l’instant… un jour, ça sera peut être l’inverse (nous avons nos propres features irréalisable sur un client lourd ;))

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